La transparence alimentaire, une importance grandissante pour les consommateurs
Dans un contexte d’augmentation de l’obésité, de plus en plus de consommateurs font attention à leur alimentation. Pour se faire, plusieurs outils viennent les aider. Il y a par exemple l’instauration du Nutriscore, à l’initiative du gouvernement, qui attribue aux aliments une note allant de A à E selon leur valeur nutritionnelle, A étant la meilleure note et E la pire.
En plus des barèmes gouvernementaux, il existe également des applications comme Yuka ou des sites comme Open Food Facts. Même si ces outils paraissent utiles aux premiers abords, ils font preuve de quelques défauts.
Une transformation de nos habitudes alimentaires ?
Tous les outils mis à la disposition des consommateurs ont un impact direct et concret sur leur façon de consommer ; ils auront tendance à favoriser des produits mieux notés par le Nutriscore ou sur les applications au détriment de leurs goûts personnels.
Entre 2015 et 2017, l’année de création de Yuka, le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde est passé de 777 millions à 815 millions, et a baissé à 318 millions en 2026. Même si Yuka n’a pas la prétention de régler les problèmes de famine mondiaux, sa création en 2017 s’inscrit dans une dynamique globale vers une meilleure alimentation.
Face à ces nouveaux outils, certains industriels sont amenés à falsifier la liste de leurs ingrédients, et ce surtout pendant les fêtes. Certaines terrines de poisson qui ont obtenu un Nutriscore D, vantent le poisson comme ingrédient phare de leur recette, alors qu’elle n’en contient que 20%.
Suite aux dénigrements envers les produits charcutiers de la part de Yuka, qui attribuait la note de 0/100 à tous les produits charcutiers dans le but d’entièrement les supprimer des rayons commerciaux, la Fédération des Entreprises de Charcutiers Traiteurs a porté plainte contre les créateurs de l’application.
Dans la continuité de ses pratiques commerciales trompeuses, l’application a usé de son influence pour inciter ses utilisateur(ice)s à signer des pétitions pour interdire les nitrites et les nitrates, des additifs présents dans les produits charcutiers. Même si cette démarche d’influence s’inscrit dans un combat notable pour interdire les nitrites et les nitrates, des additifs présents dans les produits charcutiers, les moyens utilisés par l’application sont peu honorables.
Malgré des promesses d’une meilleure nutrition, il existe quelques failles dans les systèmes. Par exemple, le Nutriscore indique qu’un soda sans sucre a un meilleur score que le saumon fumé.
L’émergence des applications et indices nutritionnels entraînent donc un nouveau rapport au temps pour les consommateurs : les achats se font plus rapidement, basés sur les recommandations d’applications et sites au détriment des goûts et plaisirs personnels.
Les limites des nouveaux outils
Les nouveaux outils de guide nutritionnel présentent d’autres limites : la valeur nutritionnelle des aliments peuvent ils être réduits à de simples lettres ? Qu’en est-il des proportions et des régimes particuliers ? Des problèmes de santé sont également en jeu : de plus en plus de consommateurs, des jeunes surtout, viennent à développer de l’orthorexie: un type de trouble du comportement alimentaire qui se manifeste par une obsession de la qualité de ce qu’on mange.
L’orthorexie est difficile à chiffrer car il y a trop peu de recherches sur le sujet, mais selon Harmonie Santé, le pourcentage de personnes souffrant de cette pathologie s’élevait à 3% en 2023. Ce
Des questions plus grandes que l'alimentation
Même si les outils de guide alimentaire nous aident au quotidien, leur utilisation suscite de nouvelles questions et débats : jusqu’où le contrôle va t-il aller ? Notre alimentation est-elle vraiment la nôtre si nous nous basons uniquement sur des critères nutritionnels préconisés par des applications, en oubliant complètement nos préférences personnelles ?
Malgré la promesse d’une meilleure alimentation, il faut faire attention à ne pas se fier uniquement à eux ; notre éducation alimentaire doit rester une priorité. Souhaiter une meilleure alimentation est une chose, mais il ne faut pas sacrifier notre santé mentale pour autant.
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